8 déc. 2016

Le fils de l'Ursari de Xavier-Laurent Petit. EDL, 2016

Chez les Roms, un Ursari est un montreur d'ours. 
Dans leur pays de l'Est, Ciprian et son père, accompagnés de leur ours, vont de marchés en place de village pour faire le spectacle et gagner quelques pièces. Mais la vie n'est pas facile et quand se présentent deux hommes qui promettent travail et richesse à Paris, toute la famille s'entasse dans un camion avec l'espoir d'un avenir meilleur. 
La désillusion est rapide. Installés dans un bidonville où c'est chacun pour soi, soumis à la pression d'une bande mafieuse et obligés de travailler malhonnêtement, la famille s'enlise. Si ce n'est Ciprian qui va découvrir le jeu d'échec et, par ce biais, redonner une nouvelle tournure à  sa vie.

Ce roman nous montre l'envers du décor d'une histoire malheureusement actuelle. Xavier-Laurent Petit, et son regard terriblement humaniste, nous ouvre les yeux  sur ce trafic de migrants et le quotidien de misère de ces personnes déracinées. Forcément, on est touché par le destin de cette famille et bouleversé par chacun d'entre eux.
A travers les yeux naïfs d'un enfant, on ne peut que faire évoluer notre regard sur une vérité parfois très crue mais  qui se veut optimiste.

Un bien beau roman.

Retrouvez l'avis de ma copinaute Pepita

6 déc. 2016

Le vide d'Anna LLenas. Les 400 coups, 2016

Il y a un trou dans ce livre. Un trou là, juste au niveau du ventre. Comme un vide énooooOOrme responsable d'une bouche à l'envers, d'un froid permanent et  de tracas perpétuels. Et rien n'y fait, rien ne peut le combler... ou alors temporairement...ou "pour de faux".
Parce qu'il ne s'agit pas seulement de mette un pansement sur ce vide, mais plutôt d'aller chercher au fond de soi et d'apprendre à vivre avec.
Alors, le sourire revient, le monde se colore, de nouveaux horizons s'ouvrent, on accueille les autres avec moins d'appréhension... et le vide laisse place à la vie. 

Il est bien beau ce livre !  Il parle de perte,  mais aussi de rencontres  et surtout de la capacité à surmonter des périodes de fortes douleurs émotionnelles et d'en sortir grandi en leur donnant un sens.
Et les illustrations ! Un mélange de cartons découpés, de crayons épais, de coloriage, de collage pour un résultat à la fois simple et esthétique. 

Un très bel album destinés aux petits ... mais aux grands aussi.


Anna Llenas, un univers à découvrir

4 déc. 2016

Tu ne sais rien de l'amour de Mikaël Ollivier. Thierry Magnier, 2016

Que savons nous de l'amour ? Pas grand chose finalement... Chaque jour on apprend à vivre avec, on construit une relation, on se découvre faillible, on s'adapte, ...

Lorsqu'un soir Nicolas reçoit un mail de sa mère, tout son passé resurgit et il nous livre alors la confession intime de son passé. 

Il nous raconte ce couple étonnant qu’il formait depuis l’enfance avec sa voisine Malina. Un couple encouragé par les adultes, un couple qui dérange et met le lecteur mal à l'aise.
Il nous parle aussi de la relation de ses parents. Leur amour infaillible malmené par la maladie et l'adultère.
Il interroge ses certitudes, ses  doutes, ses espérances, ... et les nôtres par la même occasion.
Sa réflexion construite et pleine de sagesse porte notre regard vers plus d'indulgence et de compréhension : l'amour c'est pas si simple !
Et puis il y a la maladie du père, une scène bouleversante mais essentielle  où tout se joue. 
Et enfin la révélation d'un lourd secret, presque attendu. Dommage ces 2 derniers chapitres sont pour moi trop mélo et ont fait retomber l'intensité des émotions précédentes. J'aurais préféré rester dans le doute, ne pas savoir ce qu'il y avait dans ce mail et garder la puissance de l'amour.
Mais ce n'est pas grave. 

Parce que ce livre apporte de l'apaisement, parce qu'il est subtil, parce qu'il laisse une trace indélébile :  merci Mikaël Ollivier.

Retrouvez l'avis de ma copinaute Pepita 

1 déc. 2016

Koi ke bzzz ? de Carson Hellis. Helium, 2016

Drôle de titre, non? 
Mais je vous rassure, dés les premières page on s'habitue à cet étrange langage et cela ne gène en rien la compréhension de l'histoire.
Pour que cela soit plus clair, on se surprend même à lire à voix haute, à jouer sur les intonations... et les illustrations sont si détaillées et expressives que tout cela en devient très amusant et se lit avec une facilité déconcertante.

Bref, nous voilà au pied d'une petite pousse minuscule qui ne demande qu'à grandir mais qui suscite l'étonnement des coccinelles, hannetons, libellules .. et autres insectes réunis.
Et là ça devient carrément génial, ils interpellent le grand sage, ils prennent possession de la plante qui grandit, l'aménagent à leur goût... mais c'est sans compter sur la visite d'un insecte bien plus gros qu'eux. 

Cet album est véritablement un petit bijou à l'écriture inventive et au langage exquis. Les illustrations zoomées au plus prés du brin d'herbe nous plonge  au coeur des spéculation et l'histoire prend tout son sens en un tour de main.
Encore plus fort ! Tout au long de l'aventure Carson Hellis trace en filigrane le cycle de la nature et c'est bien joli.

Carrément fabuleux !

29 nov. 2016

Va jouer avec le petit garçon ! de Clémentine Beauvais et Maisie Paradise Shearing. Sarbacane, 2016.

Pourquoi, à chaque fois, assise sur son banc, maman  insiste «Va jouer avec le petit garçon, il est tout seul. Va dire bonjour ! ».

A partir de cette injonction quasi obligatoire, notre petit héros va s’imaginer un scénario délirant et catastrophique pour démontrer l’absurdité des adultes (parfois !).

C’est vrai quoi !  A l’inverse, maman ne nous  a pas toujours interdit de dire bonjour à un inconnu ? Donc pourquoi insiste-t-elle pour que l’on se sociabilise avec tout le monde ? On ne le connait pas après tout cet enfant et il pourrait tout aussi bien être un monstre infréquentable qui nous entrainerait dans des péripéties inimaginables !


Bref, chers parents, heureusement que les bambins sont là pour nous ouvrir les yeux. Parce que la peur de notre propre solitude ne doit pas nous pousser à obliger nos enfants à être ami avec tout le monde. Est-ce que vous iriez vous discuter avec la petite vieille qui donne à manger aux pigeons ?

Voilà un sacré album –vérité pour les parents lecteurs ! Clémentine Beauvais nous pousserait presque même à culpabiliser!  
Et pour les enfants, elle arrive à créer une histoire foisonnante admirablement enrichie par des illustrations étonnantes qui ne pourront que stimuler leur imagination !

27 nov. 2016

Passion et Patience de Rémi Courgeon. Milan, 2016.

A la fois si semblables et si différentes, Passion et Patience sont soeurs jumelles. Physiquement identiques, elles n'en ont pas moins des caractères complètement opposés qui collent parfaitement à leurs prénoms. L'une est fougueuse, entière et bouillonnante quand l'autre est posée, tempérée et contemplative.
Entre elles deux, il y a leur voisin Gus. De jeux d'enfants en séduction adolescente, Passion, Patience et Gus seront ce trio rêveur, toujours unis, capable de se soutenir et de s'épauler.

Véritables égéries du jeune ingénieur, les filles enflammeront sa vie jusqu'à la célébrité.Quant aux jeunes demoiselles émancipées, elles choisiront de vivre la leur ... toujours ensemble.

Quel album ! J'appréciais déjà  le travail de Rémi Courgeon et je tombe de nouveau sous le charme de cette magnifique histoire romanesque.Une maîtrise parfaite de l'ambiance fin XIX°, des dessins minutieusement étudiés qui ne laissent aucune place au hasard et un jeu de couleur subtilement utilisé qui complète parfaitement le texte.

Une ode aux femmes ; muses qui font tourner le monde (et la tête des hommes) !
Un album absolument  audacieux et vibrant ! 
Mais jusqu'où ira le talent de Rémi Courgeon  ?

24 nov. 2016

Le dernier songe de Lord Scriven d'Eric Senabre. Didier jeunesse, 2016

Banerjee est un enquêteur un peu spécial : il dénoue les affaires qui lui sont confiées grâce à l'interprétation de ses rêves. 
26 minutes de sommeil exactement- pas une de plus- pour qu'il démêle les noeuds des situations les plus abracadabrantes. 
Avec son fidèle associé, Christopher, ils forment à eux deux un duo de choc, aussi dingue que désopilant.
Et quand Lord Scriven en personne vient les trouver pour résoudre l'enquête sur sa propre mort, on frôle à la fois l'étrange, le surnaturel, le mystère, l'espionnage ... et malgré tout, on retombe à chaque fois sur nos pieds. 

Quelle maîtrise ! Le scénario d'Eric Senabre est mûrement réfléchi et tout s'imbrique parfaitement. Même si on se laisse surprendre à chaque page tournée, tout est si habilement ficelé que, dans cette ambiance d'Angleterre victorienne, l'enquête est captivante.
Les excentricités des personnages nous emballent, les péripéties politico-économiques nous surprennent et, malgré quelques petites longueurs, l'originalité de ce scénario atypique reste enthousiasmante.

Un très bon premier tome pour une série qui s'annonce pleine de rebondissements.
Affaire à suivre ...


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Sophie et Bouma 

22 nov. 2016

L'oiseau du sommeil d'Isabelle Simler. Editions courtes et longues, 2016

Isabelle Simler m'enchante toujours par la finesse et la qualité de son travail. 
Elle a ce trait délicat qui peint la nature et nous enveloppe de légèreté. 
Elle a cette écriture apaisante qui nous enfonce dans une atmosphère moelleuse. 
Et elle a cette vision détaillée qui apporte ce brin de magie au récit.

Vous le voyez cet oiseau ? Celui qui s'est caché au milieu des pages du livre pour vous aider à mieux vous laisser sombrer dans les bras de Morphée ?
 Il suffit de suivre les consignes et vous glisserez alors tout en douceur et en sécurité pour, petit à petit, dans le calme et la tranquillité, voir s'ouvrir devant vous les portes du sommeil et des rêves étoilés.

Chuuuuut, tout mérite de se savourer..., il vous suffit juste de chuchoter et vous voilà prêt pour un doux voyage, ... Bonne nuit...

Décidément,
j'aime le travail d'Isabelle Simler

20 nov. 2016

Les pierres de fumée : la prédiction d'Eric Boisset. Magnard, 2015.

La fantasy, c'est pas naturellement le genre vers lequel je me dirige.
Et bien figurez vous que je me suis surprise à rentrer rapidement dans le monde des Pierres de fumée où vivent les roomajads, ces lézards de six pieds de haut, recouverts d'écailles.
J'ai aussi suivie avec  attention les aventures des jumeaux Elea et Liam : le sort de la jeune fille entre les mains de l'impératrice Caëla et la quête de son frère, aidé d'un maître bâtonnier. Tous les deux tombent entre les mains d'adultes qui ont des projets nouveaux pour leur avenir respectif.
Bien que séparés, Elea et Liam le pressentent bien, leur vie prend un nouveau tournant ; ils laissent leur enfance derrière eux et auront un rôle essentiel à jouer dans le conflit qui s'annonce.

Une aventure très rythmée, foisonnante d'idées et d'un vocabulaire riche et très imaginatif. La construction est complètement maîtrisée avec des alternances de point de vue, de multiples pistes lancées et une ambition de mener cette série à son terme.
Oui, car nous n'en sommes qu'au tome 1 (plus de 400 pages tout de même) et Blog d'Eric Boisset réussit à nous appâter pour que l'on ai envie de se plonger dans le tome suivant. 

Bref qui l'eut cru ? Une lecture bien différente de mes habitudes mais que j'ai tout autant appréciée.


17 nov. 2016

Sauveur & fils, saison 2 de Marie-Aude Murail. EDL, 2016

Comment ne pas succomber au charme de Sauveur ?
J'avais déjà fait sa connaissance dans la saison 1 de Sauveur 1 fils et voilà qu'avec cette saison 2, je tombe réellement sous le charme de sa bienveillance, de son humanisme, de la beauté de son âme, de sa sensibilité et de son intelligence de coeur. Ce thérapeute nous séduit par sa capacité à redonner une bulle d'espoir, à apporter de la légèreté dans les difficultés de la vie,  à garder le silence, et à prendre du recul pour mieux valoriser les autres. Quel homme !

Et il n'est pas tout seul dans cette bulle de bonté où l'on prend plaisir à se lover  ! 
Dans cette deuxième saison c'est aussi un plaisir de retrouver tous ses patients (Margaux, Ella, Gabin, Samuel, ...), qui nous touchent par leur histoire, que l'on écoute se poser des questions, que l'on voit évoluer avec plaisir et qui gardent un optimisme indéniable.
Et puis, il y a toujours Lazare, le fils de Sauveur, un peu moins présent mais leur vie personnelle n'est pas à négliger. Elle prend un nouveau virage qui nous fait espérer impatiemment la saison 3...

Que dire de plus ? Vous l'aurez compris, je suis largement séduite par cette saga réjouissante. Marie-Aude Murail continue de m'épater par son écriture si juste, par son sixième sens qui sait si bien capter la nature humaine et par cette saveur particulière qui rend la lecture addictive.

Alors juste un conseil, pousser la porte de ce cabinet, vous y trouverez forcément votre place.


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de ma copinaute Pepita