17 févr. 2017

Traits d'union de Cécile Chartre. Le Muscadier, 2016

A seulement 18 ans, Thibault a décidé sur un coup de tête semble-t-il, de se marier avec cette jeune fille rencontré quelques mois plus tôt. 
Il y a quelque chose qui cloche dans ce mariage...
D'invité en invité, on s'immisce dans la tête de chacun et l'on ressent l'incompréhension ambiante. 
Il y a le garçon d'honneur qui a bien d'autres chats à fouetter, l'amoureuse-malheureuse terrassée par cette décision, la mère-super-organisatrice peut être un peu trop envahissante, la tata Odette qui pense que ce mariage est une bien belle bêtise... et puis il y a Charline qui a tout vu et qui va bientôt tout nous révéler.  
Jusqu'au déballage final, Cécile Chartre contrôle parfaitement son récit. Elle maîtrise son écriture impertinente, elle nous amuse avec son ton drolatique et nous surprend par sa capacité à inventer des situations inattendues. C'est toujours un peu la pagaille dans ses histoires, mais tout est bien clair dans sa tête et son intrigue est plutôt bien ficelée ; plus que parfaite je dirais même, puisque jusqu'à la dernière page, je me suis laissée surprendre.

Un roman sur la vie, celle de tous les jours, celle qui nous entoure, celle qu'il faut parfois supporter, celle qui ne nous oblige pas à tout accepter...

Alice, séduite...


14 févr. 2017

Les dimanches de Romulus de Paul Echegoyen et Amélie Videlo. Marmaille et compagnie, 2016

Il a de bonnes grosses joues Romulus. 
Des joues de gros matou à qui on a toujours envie de faire un câlinou.
Avec lui, la vie s'écoule pépére jour après jour dans une ambiance douce-heureuse, tranquille et harmonieuse.
Tous les jours, sauf le dimanche !
Le dimanche, c'est chacun de son côté et pendant que son jeune maître s'ennuie, Romulus vit des aventures extraordinaires ! Il fait exploser les couleurs, pétiller les activités, déborder l'énergie et foisonner l'imagination. 
Un chat qui peut faire tout ça ? Vous êtes bien sûrs ...

Un sympathique album, tendrement affectueux et visuellement efficace sur la relation d'un enfant à son animal.
Grâce à l'originalité du parti pris graphique, on devine l'enjeu qui se joue entre ce drôle de chat et son jeune maître.

Une belle histoire d'amitié originale et  très pop !

Alice, amusée...


Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Sophie




12 févr. 2017

Amour mortel de Gilles Abier. Actes Sud, 2013

J'ai beau être habituée, les fins brutales des romans de Gilles Abier  me surprennent à chaque fois. 
Dans ce roman, j'ai retrouvé la qualité de la plume de l'auteur et son exigence à ménager le suspense, à nous tenir en haleine jusqu'à la dernière phrase en nous laissant ébranlé par la révélation finale.
Une révélation qui m'a certes parue peu probable, mais que je n'aurais malgré tout pas imaginé.

L'histoire ? A chaque fois que Lucie rencontre un garçon qui lui plait, celui-ci meurt dans des circonstances troublantes. Hasard ? Malédiction ? Réfugiée chez sa grand-mère, Lucie apprend alors un étonnant secret de famille qui pourrait avoir un lien avec ces accidents et cette situation cauchemardesque.

L'idée de départ était plutôt intrigante, mais je me retrouve au final avec entre les mains roman un peu moins convaincant qu'il n'y paraissait.
Je reste bluffée par l'imagination et la virtuosité narrative de l'auteur ; mais je me trouve frustrée par une histoire qui  à mon goût manque de crédibilité. 

Alice, en demie-teinte...

Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Bouma





7 févr. 2017

Un ours, des ours de François David. Sarbacane, 2016.

Un album grand format, il fallait bien ça pour rendre hommage à cet imposant animal aussi attirant que dangereux !
Il y a des ours, des ourses, des gentils, des grizzlis, des comiques, des sereins, des nounours, des ours polaires, des malins, des ours en kit, des romantiques... tout un catalogue de plantigrades mis en valeur par 32 illustrateurs qui ont répondu à la commande "Dessine-moi un ours !"

Et à côté de chaque illustration, François David s'est amusé à nous ciseler des poèmes souvent décalés comme pour nous frotter à des univers impossibles, à des rêves irréalisables.

Et malgré tout, on obtient une véritable unité de sens grâce à une seule et unique plume mais aussi un rapport texte-image plutôt pertinent.

Un très beau livre qui résonne comme un véritable hommage : l'ours, un sujet pourtant commun, qui semble ici inépuisable.

31 janv. 2017

Quand il fait nuit d'Akiko Miyakoshi. Syros, 2016

A l'heure où la nuit tombe, bien blotti dans les bras de maman, un petit lapin rentre chez lui. 
La tête posée sur l'épaule de sa mère, avant que ses yeux ne se ferment doucement, il observe...
Il observe, le temps d'une ballade nocturne et paisible, les commerçants qui ferment leur boutique ; il voit des personnes qui rentrent chez elles, il imagine des scénario  à travers les fenêtres illuminées , il devine des silhouettes qui se faufilent...
Comme tous les habitants de la ville, l'heure arrive alors de se glisser dans son lit, la tête pleine de rêves dans un profond état de quiétude.
La qualité du trait au fusain d' Akiko Miyakoshi donne tout son sens à cette histoire. Grâce à la finesse de ses illustrations, l'auteur maîtrise avec brio cette atmosphère de fin de journée, où le silence se fait et où la ville hésite entre ombre et lumière.

Une histoire à savourer juste avant de se coucher : remarquable !

Retrouvez l'avis
de ma copinaute Pépita


29 janv. 2017

Western girl d'Anne Percin. Le Rouergue, 2013

Les chevaux, la country, les  restaurants Buffalo Grill,  les chemises à franges, le middle west .. voilà ce qui fait vibrer Elise !
Un rêve qui devient réalité quand elle débarque pour 3 semaines d'été dans un ranch américain. Pleine d'envie et de plaisir, elle va pourtant vite déchanter quand elle va se frotter aux autres ados du groupe. Plutôt, enfants de bonne famille,"Les cons fédérés", comme elle les appelle, n'ont pas la même vision qu'elle et Elise va devenir leur souffre-douleur. 
Moqueries, humiliation, affront, ... elle ne va pas se laisser faire notre Calamity Jane bretonne ! Elle est plutôt sanguine et compte bien profiter de son séjour et ne rien changer à sa façon d'être.  Un de ses refuges ? Son journal intime a qui elle raconte  jour après jour ses petits bobos et ses sautes d'humeur.

Western girl ? Voilà les aventures cocasses d'une héroïne passionnée plutôt drôle et attachante.
Dommage, on la sent un peu moins confiante lors du dénouement final, un peu 'happy end", il faut dire...

Au final ? Un roman assez mordant qui nous embarque au triple galop dans un été mouvementé.

Retrouvez l'avis de 

26 janv. 2017

Brise glace de Jean-Philippe Blondel. Actes Sud, 2011

Sûrement le plus intime des romans de Jean-Philippe Blondel. Une lecture à fleur de peau où l'on sent en filigrane une douleur personnelle.

C'est l'histoire d'un terrible secret qui nécessite de déménager, d'un événement qu'Aurélien aimerait oublier, d'une culpabilité qui ne cesse de le ronger, de ses parents qu'il aimerait préserver, d'une douleur qu'il a du mal à cacher, d'une solitude choisie comme pour se protéger.

Et puis il y a Thibaut,  la construction de leur amitié toute en doute et en douceur, comme une main tendue qu'Aurélien saisit avec prudence.
Et puis il y a la découverte du slam qui permet de s'exprimer, de libérer les mots et de laisser couler la plaie.

Un récit dramatique ;  émotionnellement troublant et d'une intensité bouleversante. 
Peu importe la teneur du secret ; toute la force du récit demeure dans les états d'âme de ces ados finement exprimés par Jean-Philippe Blondel.
Vibrant .. 

24 janv. 2017

Tous les câlins du monde de Manuela Monari et Evelyn Daviddi. Rue du monde, 2016

Dés la couverture, on sait que cet album sera confortable, enveloppant et rassurant.
Et en effet, papa ours et son petit bonhomme se promènent dans la forêt en ouvrant  des yeux naïfs et plein de tendresse sur ce qui les entoure.
Ils prennent le temps de se poser, de s'émerveiller et d'ouvrir un regard  poétique et imagé sur la nature et sur la vie. 
Ensemble, ils discutent tranquillement en affirmant l'hypothèse que tout ce qui existe n'est que le résultat d'immenses câlins entre les nuages et les montagnes, entre le soleil et la nuit, entre les fleurs et les abeilles... et surtout entre papa et maman qui ont donné naissance à leur petit ourson. 
Comme on est bien ! 
Comme cette ballade en leur compagnie est généreuse et réconfortante !
Les illustrations donnent envie de prendre le temps ; tout est calme, reposé et le texte, présenté en strophes, se savoure tout doucement.

Alors, si vous avez juste envie d'un moment de tendresse et de douceur, laissez vous bercer par les paroles de papa ours et soyez rassuré : que la vie est belle !



22 janv. 2017

A la place du coeur d'Arnaud Cathrine. Robert Laffond, 2016

D'abord, je me laisse charmer par cette belle couverture.
Et puis, j'ai surtout envie de voir comment le sujet des attentats qui ont eu lieu en 2015 pouvait être abordé en littérature jeunesse.

Pour Caumes, tout a commencé le lendemain de son anniversaire alors que les journalistes de Charlie Hebdo sont sauvagement attaqués. 
Même à 17 ans, cela chamboule. 
Il y a son frère qui vit à Paris et dont il faut prendre des nouvelles ; dans la cour du lycée, il y a ceux qui ont des idées politiques arrêtées et des mots qui dépassent la pensée ; dans les salles de cours, il y a des profs qui essayent de guider les paumés qui n'ont pas encore réalisés... une journée étrange mais inoubliable.
Cette journée, elle ressemble à celle que nous avons tous vécu.
Ces jeunes ressemblent à ceux que l'on a pu croiser ce mois de janvier-là.
Ils portent  dans leurs regards l'innocence d'une jeunesse amoureuse et insouciante obligée par la force des évènements à regarder le monde
Un âge de transition où se forge un certain raisonnement mais où l'espoir demeure malgré le contexte.

Comme un écho à cette ambiance particulière de janvier 2015, aux discussions que j'ai pu avoir avec mes ados, Arnaud Cathrine évoque avec justesse et proximité 6 jours marqués par le bouleversement de nos quotidiens ordinaires. 

Curieuse, j'attends la saison 2 ...

19 janv. 2017

Le copain de la fille du tueur de Vincent Villeminot. Nathan, 2016

Le copain de la fille du tueur c'est un gouffre !

D'un côté une histoire d'amour poussée au maximum de son romantisme, une romance un peu fleur bleue pleine de poésie, d'adoration et de retenue et de l'autre c'est un thriller cuisant, épouvantable où les mots crus sautent à la gorge.
Et pour les personnages ? C'est pareil, il y a Charles plutôt solitaire, premier de la classe, discret... et Selma, énigmatique et sportive. Entre eux deux, fanfaronne Touk-E, un brin provoc' voire insolant, au tempérament assez explosif, fumeur de joints et amateur de porno.
Sans parler d'un poète suisse mourant sur son lit, d'un trafiquant de drogue mexicain et d'une actrice de porno.

Comment sortir de cette lecture ? Et bien me voilà pleine de questionnements et de doute. La quintessence du roman est bien cette magnifique histoire d'amour mouvementée que je trouve finalement entachée par des détails inutiles (le tournoi de foot, l'apparition du fantastique, l'accumulation de clichés, ..). Et puis il y a ce rythme, si lent au début et presque trop rapide à la fin.
Et ce mélange des genres, des normes littéraires qui m'a vraiment décontenancé.

Alors, je ne voudrais pas être catégorique car la plume est habile, mais c'est pour moi un OVNI littéraire dont le résultat ne me parait pas si évident.