19 janv. 2017

Le copain de la fille du tueur de Vincent Villeminot. Nathan, 2016

Le copain de la fille du tueur c'est un gouffre !

D'un côté une histoire d'amour poussée au maximum de son romantisme, une romance un peu fleur bleue pleine de poésie, d'adoration et de retenue et de l'autre c'est un thriller cuisant, épouvantable où les mots crus sautent à la gorge.
Et pour les personnages ? C'est pareil, il y a Charles plutôt solitaire, premier de la classe, discret... et Selma, énigmatique et sportive. Entre eux deux, fanfaronne Touk-E, un brin provoc' voire insolant, au tempérament assez explosif, fumeur de joints et amateur de porno.
Sans parler d'un poète suisse mourant sur son lit, d'un trafiquant de drogue mexicain et d'une actrice de porno.

Comment sortir de cette lecture ? Et bien me voilà pleine de questionnements et de doute. La quintessence du roman est bien cette magnifique histoire d'amour mouvementée que je trouve finalement entachée par des détails inutiles (le tournoi de foot, l'apparition du fantastique, l'accumulation de clichés, ..). Et puis il y a ce rythme, si lent au début et presque trop rapide à la fin.
Et ce mélange des genres, des normes littéraires qui m'a vraiment décontenancé.

Alors, je ne voudrais pas être catégorique car la plume est habile, mais c'est pour moi un OVNI littéraire dont le résultat ne me parait pas si évident.

17 janv. 2017

Le doudou de la directrice de Christophe Nicolas et Maureen Poignonec. Didier jeunesse, 2015

Dur dur d'être directrice d'école...
On est toujours là à être sollicité par nos chères têtes blondes qui ont toujours quelque chose à nous dire de la plus HAAAAAUTE importance.

Mais cette directrice-là a ce pouvoir déconcertant de garder la zen attitude en toute circonstance. Toujours souriante, à l'écoute... on envie sa constance. Mieux que tout elle arrive aussi à contaminer son entourage de sa bonne humeur permanente. 
Ca c'est sûr, cette directrice a un secret !

Son secret ? C'est son doudou. 
Et son doudou ? Il faut le chercher partout. 
Oui, parce que quand même, une directrice d'école avec un doudou, ça fait pas sérieux du tout ! Et hop ! On repart à la page 1 et on commence un véritable cherche-trouve dans chaque illustration. 
Jusqu'au jour où..

De situations cocasses en drôleries, il est sacrément efficace cet album ! 
Le texte pétille, les illustrations de Maureen Poignonec sont dynamiques et l'histoire nous met le sourire aux lèvres.
Pleine d'originalité et d'énergie, cette lecture est légère et vraiment distrayante. 
Un sacré bon moment !

Retrouvez l'avis 


15 janv. 2017

Rien qu'un jour de plus dans la vie d'un pauvre fou de Jean Paul Nozière. Thierry Magnier, 2011

A 10 ans d'intervalle, deux enlèvements d'enfants. C'est étrange, non ? 
Elise d'abord, 3 ans qui échappe à la surveillance de son grand frère de 17 ans. 
Laura ensuite, jolie ado de 13 ans qui s'amusait à fleurter gentiment avec Linlin.

Il est alors très facile d'accuser Linlin, handicapé mental, qui a le profil idéal. Mais c'est sans compter sur Alice, qui le défend  avec force de conviction ; d'autant que tous les deux partagent un secret qu'ils ne dévoileront jamais.
L'enquête s'embrouille, les gendarmes n'y comprennent plus rien et sont sur le point d'abandonner quand la vérité éclate aux yeux des lecteurs qui ne peut plus que tourner les pages avec insistance pour voir le noeud se dénouer.

Bon sang, comme Jean-Paul Nozière a le don de nous plonger dans une ambiance qui nous met mal à l'aise !  
Il joue avec la chronologie des évènements, il tortille avec constance la psychologie de ses personnages, il s'entête à agiter nos cerveaux en posant un regard féroce sur la société... Et l'on sort un peu groggy de cette lecture. 
En apothéose, le dernier chapitre nous achève d'un seul coup.
Terrible...


12 janv. 2017

Vladimir et Cléménce de Cécile Hennerolles et Sandrine Bonini. Grasset jeunesse, 2015

Vladimir et Clémence c'est un histoire d'amour délicieuse entre un photographe un peu myope mais touchant, et une femme invisible qui sème des indices sans jamais  se laisser voir.
Une histoire à la Amélie Poulain où la romance est à la fois insaisissable et merveilleuse.
Et comme l'amour a le don de tout transcender, d'éloigner les peurs, de redonner de la joie et de la couleur, les photos statiques de Vladimir, tout d'un coup se remplissent de vie, les petits cailloux semés lui donne confiance et tout cela ne peut se terminer que par un doux baiser.

C'est joli tout ces petits riens qui embellissent le quotidien...
C'est délicat de se laisser désirer...

Des personnages lunaires, une histoire aux doux airs de conte de fées, des illustrations au charme un peu désuet, ... ce roman a tout d'un petit bijou ; une petite pépite poétique qui nous offre une lecture précieuse et heureuse.


Souvenez-vous, un livre offert par la 
 lors de notre swap de noël

10 janv. 2017

Madame Cocotte d'Edouard manceau. Seuil jeunesse, 2015.

Qui de l'oeuf ou de la poule  ? Une question qui peut nous faire tourner la tête en rond pendant un moment, n'est ce pas ?
En choisissant ici, une cocotte de forme ovoidale, Edouard Manceau essaye d''apporter une réponse ou du moins de montrer, qu'il n'y en a pas et que ce cercle vicieux continuera d'occuper nos conversations. 

Et puis voilà, il y rajoute aussi un peu de fantaisie - en reprenant la trame du classique "Va t'en grand monstre vert !"  -  en dépouillant méthodiquement la poule de tous ses attributs. Et hop ! Ainsi mise à nue, Madame Cocotte ressemble vraiment à un oeuf. Magique, non ?

Comme toujours avec des formes géométriques simples, des couleurs très vives, un texte court et tonique, Edouard Manceau sait captiver son public. 
Ici encore, il nous offre une histoire efficace, joyeuse et rassurante  qui a coup sûr surprendra avec plaisir les plus petits de nos petits curieux.

Un album bien réussi !

D'autres chroniques d'albums d'Edouard Manceau, 
c'est par ici !


8 janv. 2017

Refuges d'Annelise Heurtier. Casterman, 2015

AnneLise Heurtier est un de ces auteurs qui nous raconte le monde. Mieux que ça, elle nous embarque toujours dans des sujets sensibles où l'on sent pointer son engagement personnel pour de nobles causes.


Avec Refuges, elle revient sur les questions de société actuelle concernant les immigrés. Elle arrive à immiscer dans une fiction familiale, le destin de jeunes ados érythréens et surtout à nous plonger au cœur des conditions dramatiques de cette folle traversée qui les fait accoster à Lampedusa.

Même s’il est question de manipulation, de peur, de violence, de désastre humain… AnneLise Heurtier reste mesurée et précise dans son discours. Elle n’est pas là pour culpabiliser le lecteur et montrer chacun du doigt, mais juste pour mobiliser notre conscience personnelle.
Elle nous touche par la force des émotions et des sentiments. Elle nous parle d’une famille disloquée, de passion, d’amitié mais juste avec ce brin de fragilité, de solidarité et d’humanité qui fait tourner le monde (enfin, je l’espère !).

Un dosage parfait pour un livre fort.


Retrouvez l'avis de 
mes copinautes Carole et Pépita
 


5 janv. 2017

Entre deux rafales d'Arnaud Tiercelin. Le Rouergue, 2011

Emma allongée, sur un lit d'hôpital, se découvre amnésique. 
Arthur, plein de culpabilité, se cache afin de ne pas être retrouvé. 
Ils étaient tous les deux sur le même scooter volé. Arthur, devant, sans casque et Emma derrière. Arthur n'a pas vu arriver le camion sur sa gauche. Après le choc, il s'est enfuit. 
Les chapitres alternent les points de vue des deux ados et petit à petit l'histoire et l'intrigue se construisent sous nos yeux. 
Plus fort que tout, il y a l'amour qui les unit,... les réunit dans cette chambre d'hôpital. Oui, car c'est une belle histoire de Roméo et Juliette contemporains que nous lisons là. Arthur trimbalé de familles d'accueil en foyer, Emma venant des quartiers riches et malgré tout, entre eux, une union à l'unisson.

Bien sûr il y a l'intensité du drame mais aussi cette folle lueur d'espoir et l'on a bien du mal à lâcher ce livre qui nous parle d'ados cabossés, sensibles et tellement touchants.

L'écriture d'Arnaud Tiercelin est efficace, les chapitres sont courts et, à n'en pas douter, Entre deux rafales est  un beau roman qui me poursuivra longtemps..., 

Souvenez vous, un livre offert par Pépita 
lors de notre swap anniversaire



3 janv. 2017

Le pigeon qui voulait être un canard de Lili et Soledad Bravi. Bayard jeunesse, 2016

Moi j'aime bien le coup de crayon de Soledad Bravi. Je sais qu'en ouvrant un de ses livres je gagnerai ma dose de bonne humeur et que je trouverai un style concis, expressif et efficace, tout en étant un brin caricatural.
Donc me voilà avec l'histoire de Gédéon entre les mains. Au parc des Tuileries, Gédéon le pigeon est envieux du sort des canards. Lui le pigeon déprécié alors que tout le monde s'émerveille devant les canetons qui barbotent dans la mare.
Quel chance, Gédéon trouve une paire de palmes abandonnées ! Avec ça, c'est sûr, il ressemblera à un vrai canard, il ne lui reste plus qu'à apprendre à cancaner !
Oui, mais, ... 

Et voilà, l'album tient ses promesses, je n'ai pas vu la chute arrivée et je me suis bien amusée! Et je suis sûre que nos petits lecteurs apprécieront tout autant et qu'ils comprendront qu'il est important de s'accepter comme on est et d'avoir confiance en soi.

Allez zou, on y croit les loulous !

1 janv. 2017

Dans les branches d'Emmanuelle Maisonneuve. Editions Graine2, 2015

Morgan est un ado solitaire, plutôt mal dans sa peau, vivant seul avec sa mère et, parfois son faux père. Sa seule solution pour s'échapper du quotidien est de s'abrutir des nuits durant devant des jeux vidéos. Mais  à l'occasion d'une balade forcée en forêt, il va tomber nez à nez avec une étrange créature : un troll comme dans Endof World ?
Non, une enfant sauvage ...

Dans une ambiance mystérieuse et captivante, alors que l'on croit virer dans du fantastique, Emmanuelle Maisonneuve nous transporte au coeur d'une relation improbable et l'on se presse de tourner les pages pour, comme Morgan, rechercher au milieu de cette immense forêt la vérité sur cette enfant.

Quelle belle surprise que ce roman ! La couverture est prometteuse et l'intensité du roman l'est tout autant. Cette atmosphère sauvage sur laquelle souffle un vent de rebellion et de liberté nous happe et l'on ne peut que s'attacher à la fluidité du récit, à sa poésie et à la force des émotions qui s'en dégagent.

Un livre d'apprentissage délicat, imprévisible, captivant... et, je vous le promets, vous irez désormais vous promener différemment  dans les forêts ...

Retrouvez l'avis de 
ma copinaute Bouma

30 déc. 2016

Parle tout bas si c'est d'amour de Sophie Chérer. EDL, 2006.

Comment parler d'amour  ? 
Sûrement de plusieurs des façons.
Comme la prof de SVT par exemple, qui est en panique devant ses élèves lors de son cours d'éducation sexuelle. En pleine rupture amoureuse, pour elle, tout n'est que douleur et souffrance.
Ou alors, comme la mère de Caroline qui se rend aux obsèques de son premier amour. Une confession douloureuse, un souvenir sûrement idéalisé.
Ou encore, comme le proviseur qui ose dire à sa femme qu'il ne supporte plus ses attentions et ses manies. Un amour qu'il faut ranimer, fragilisé par la routine et le temps.
Ou sûrement comme, cette personne d'un certain âge qui ose s'adapter aux attentes et au vocabulaire des jeunes pour leur parler d'amour, de désir et de plaisir.
Ou enfin, comme Caroline et Olivier, ce jeune couple d'ados pour qui tout est découverte et espoir dans la fraîcheur d'un amour naissant et sincère.

J'ai été ravie de retrouver ces deux tourtereaux  après les avoir découvert dans L'huile d'olive ne meurt jamais, ils sont plus mûrs, plus audacieux, à la fois un peu moins sages tout en étant raisonnables. Des jeunes, comme je les aime, avec une tête bien faite  !

Vous l'aurez compris, un livre qui parle certes d'amour, mais sans être mièvre, ni ridicule. 
Un livre qui invite à apprécier ce sentiment à la fois complexe, naturel, mais tellement beau !

La fin me laisse un peu perplexe, mais je n'en dirais pas plus... 



Souvenez-vous , un livre offert par Pépita,